Damassine AOP
/Htdocs/Images/IF_Content_1600/3102.JPG?puid=9157da18-448e-4680-94b8-4d8b0842eff7

La Damassine au-dessus des nuages

Tout comme la croquante de Courgenay, la plus célèbre des eaux- de-vie ajoulotes va voyager en First Class sur les vols long-courriers de Swiss. Cela grâce au patron de l'Hôtel du Cerf à Sonceboz Jean-Marc Soldati, qui a élaboré la carte d'été de la compagnie nationale. C'est le secrétaire de l'Interprofession de la damassine, Rémy Œuvray, de Chevenez, qui est l'heureux fournisseur de cette opération.

« On ne pouvait pas faire un menu avec des produits jurassiens sans y inclure la damassine!» Il a évidemment raison, Jean-Marc Soldati. Pourtant il s'en est fallu de peu. « Il m'a appelé il y a environ un mois », explique Rémy Œuvray. Il fallait bien sûr que toutes les exigences de l'AOP soient respectées, notamment pour l'étiquetage. Il fallait aussi que la damassine soit présentée dans des bouteilles de 37,5 centilitres, ce qui est un peu particulier. »

Mais le chef de l'Hôtel du Cerf avait frappé à la bonne porte : la damassine de Rémy Œuvray a été distinguée d'une médaille d'excellence au Concours suisse des produits du terroir ; elle respecte à la lettre le cahier des charges de l'AOP, ce qui est la moindre des choses puisque le producteur de Chevenez est aussi le secrétaire de l’Interprofession ; et enfin, il pouvait fournir les demi-bouteilles voulues. C'est ainsi que depuis mercredi 1er juin, les passagers de la First Class sur les vols long-courriers de Swiss se voient proposer une damassine de Chevenez à la fin de leur repas.

Un autre produit typiquement ajoulot voyage cet été à bord des vols de Swiss, puisque Jean-Marc Soldati a également retenu la croquante de Courgenay de la boucherie Neuenschwander, à Courgenay (nous vous en parlions dans notre édition du 2 avril dernier). Accompagnée de rôstis et d'un fagot de haricots verts, elle est proposée aux passagers de la First Class comme « 5e suggestion », autrement dit une alternative au menu complet.


S'il est difficile d'évaluer les retombées d'une telle opération au-delà des 60 bouteilles de damassine et des 1500 paires de croquantes déjà livrées, les deux Ajoulots ne boudent pas leur plaisir. (C'est une belle consécration et une reconnaissance pour notre AOP, se réjouit Rémy Œuvray. Et je suis vraiment content de la visibilité que cela donne à la damassine. » (On touche un public qu'on
n'atteindrait pas autrement, renchérit le directeur de Jura Tourisme Guillaume Lachat. Il n'y a pas que les menus : il y aura aussi des articles dans le magazine de bord de Swiss, ainsi les gens pourront faire le lien entre ce qu'ils mangent et la région où c’est produit.) Et d'espérer qu'ils trouveront ensuite le chemin du Jura à leur descente d'avion à Zurich. (clj)

 

 Un « rêve » pour Jean-Marc Soldati
 

Depuis 2002, Swiss confie chaque trimestre la carte de ses classes First et Business à un chef reconnu, suivant un tournus entre les régions linguistiques. Cet été, et pour la première fois, c'est le Jura qui sera à l'honneur grâce à Jean-Marc Soldati, de l'Hôtel du Cerf à Sonceboz (16 points au Gault&Millau et 1 étoile au guide Michelin). (C'est un rêve que je n'avais jamais envisagé dans ma vie » jubilait le chef mercredi lors du lancement officiel de l'opération dans son établissement. De juin à août, ses plats seront proposés sur les 25 long-courriers de la compagnie nationale qui décollent de Zurich et Genève avec à leur bord jusqu'à 150 passagers en First et 880 en Business.


« J'ai découvert une restauration que je n'avais jamais pratiquée » confie Jean-Marc Soldati. Par le nombre des clients potentiels, d'abord, mais aussi et peut-être même surtout par les contraintes qu'impose le service à bord. Un minimum d'espace, un minimum de personnel, un minimum de gestes : (On ne cuisine pas, on réchauffe seulement.)
 

L'autre défi pour Jean-Marc Soldati aura été d'associer à l'opération des produits du terroir, ce qu'il a fait avec une belle générosité. La croquante et la damassine, on l'a dit, mais aussi le toetché, la tête-de-moine (de Courtelary), le fromage de chèvre (de Movelier), et d'autres encore figurent sur cette carte qui fera bien des envieux en classe économique ! (clj) 

Journal L'AJOIE du samedi 4 juin 2016